Olivier Tibi

Bolivie : baptême du feu dans l’altiplano
Nov09

Bolivie : baptême du feu dans l’altiplano

    Par Olivier Tibi, guide pour Terra Andina Bolivia, en 2002           Eh bien voilà, une bonne chose de faite : je viens de terminer mon premier circuit comme guide Terra Andina. Je suis heureux comme un lama sur son altiplano, mes yeux pétillent, j’ai la peau cramée. Et dire qu’il y a quelques mois à peine je me morfondais en Bourgogne, rêvant d’aventure …   Nous sommes le jeudi 30 Mai 2002. Je monte dans mon fidèle destroyer blanc, le Land Cruiser modèle 3F qui avoisine les 260.000 Km, une monture encore peu apprivoisée par mes petites mains. Son nom : la Salsa. Pourquoi ? Parce qu’elle danse sans arrêt dans les virages et chauffe davantage qu’une “mulata” des caraïbes se trémoussant dans la chaleur humide. Nous partons à deux voitures, les galeries chargées du matériel de nos sept clients. Le deuxième chauffeur, c’est mon compagnon de voyage : Martin. Comment vous décrire Martin ? Un homme d’une quarantaine d’années, basané par le soleil et laissant apparaître une jolie dentition toute dorée lorsqu’il me lance ses sourires quotidiens. C’est une bête d’aventure, un marin des temps modernes, un croisé Mac Gyver et Huggy les bons tuyaux. Il connaît la Bolivie comme sa poche. Il est un peu plus de 9h du matin, le chemin pour le Salar d’Uyuni s’offre à nous. La route est belle, l’asphalte siffle sous nos pneus tout crantés. A bord, l’ambiance est plutôt silencieuse malgré un fond musical typiquement andin. Mes clients auraient-ils de mauvaises pensées ? Non, me dis-je ! Il est vrai que je ne suis encore qu’un petit Jedi mais j’ai le bon côté de la lune avec moi. Nous filons droit sur Patacamaya et nous arrêtons pour une pause déjeuner au lieu-dit Challapata, petite bourgade de l’Altiplano qui transpire la pauvreté et baigne dans la poussière. Au menu, lama séché, chuño (pomme de terre déshydratée), maïs et comme dessert, une petite crème maison. Le restaurant n’est autre qu’une salle des fêtes improbable dans laquelle nous pénétrons sur un air du grand et merveilleux Enrique Iglesias : « Quiero ser tu heroe ». L’ambiance n’est pas terrible. Mes clients sont des montagnards du CAF (Club Alpin Français), postiers, électriciens, profs ou cuisiniers chez Sodexo, tous divorcés ou vieux garçons rustres. Nous reprenons la route. Le bitume laisse la place à une bonne vieille piste grisâtre, poussiéreuse et criblée de nids de poules. L’aventure commence, il fait chaud dans le 4×4, la climatisation devait être en option… Nous longeons une chaîne de montagnes presque inaccessible à pied, laissant derrière nous la Grande et Belle Cordillère Royale, d’un blanc immaculé. Après trois heures de sable, cailloux, quelques...

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